Des chercheurs du réseau JCAR ATRACE ont récemment participé à l'Assemblée générale 2026 de l'Union européenne des géosciences (EGU), où ils ont contribué aux discussions sur l'avenir des systèmes d'alerte précoce et de la gestion des risques d'inondation.
De la prévision des aléas à la compréhension des impacts
L'un des thèmes clés de la conférence de cette année était le passage des prévisions traditionnelles des aléas à des prévisions basées sur les impacts et à une action précoce. Bien que les capacités de prévision se soient considérablement améliorées ces dernières années, les récentes inondations continuent de mettre en évidence les écarts entre les prévisions et les mesures efficaces prises sur le terrain.
Lors de l'EGU 2026, ce sujet a été abordé lors de la session intitulée « Prévisions basées sur les impacts, alerte précoce et action précoce pour réduire les risques de catastrophe », qui a réuni des chercheurs travaillant à l'interface entre la science, la politique et la pratique. La session s'est concentrée sur la manière dont les prévisions peuvent être traduites en informations pertinentes sur les impacts et les actions, afin de soutenir la prise de décision avant et pendant les événements extrêmes.
Relier les prévisions à l'action
Au cours de cette session, les chercheurs du JCAR ATRACE ont contribué aux travaux en cours visant à relier les prévisions aux impacts et aux mesures de réponse.
Tim Busker (IVM) a coorganisé cette session, qui comprenait 24 présentations et couvrait un large éventail de développements en matière de prévisions basées sur les impacts et d’action précoce. La session a permis d’instaurer un espace d’échange entre les chercheurs travaillant sur les prévisions, la modélisation, la prise de décision et le comportement humain, reflétant ainsi la complexité de la traduction des prévisions en actions efficaces.
En plus d'organiser la session, Tim a présenté les derniers développements du modèle GEB (Geographical Behavioural and Environmental). Ce modèle vise à représenter l'ensemble de la chaîne d'alerte précoce et d'action précoce, en reliant les prévisions de risques aux impacts, aux alertes et aux réactions comportementales, telles que l'évacuation ou d'autres mesures de protection. Le modèle intègre également la prise de décision humaine, permettant aux chercheurs de mieux comprendre comment les personnes réagissent aux alertes et comment cela influence les résultats globaux.
« C'était formidable de participer à nouveau à l'EGU26. C'est toujours le meilleur moyen d'échanger avec d'autres chercheurs et de se tenir informé des dernières tendances de la recherche, au sein et au-delà du JCAR ATRACE. »
- Tim Busker
Le modèle GEB constitue également la base des travaux présentés par Rafaella Oliveira, doctorante au sein de JCAR ATRACE. S’appuyant sur ce cadre, elle applique le modèle au bassin versant de la Geul afin d’analyser comment les prévisions peuvent être traduites en alertes et en actions concrètes, et ce que cela implique pour réduire les impacts lors d’événements de crue. Cette recherche est l’une des premières à modéliser explicitement l’ensemble de la chaîne d’alerte précoce et d’action précoce.
Ses résultats, présentés lors de la session, montrent comment une telle approche axée sur les impacts peut faciliter la prise de décision en reliant directement les prévisions aux conséquences attendues et aux mesures recommandées. Pour les inondations de 2021, le modèle suggère que cette approche aurait pu réduire considérablement les dégâts et améliorer la portée des alertes précoces auprès des populations touchées.
Échange et collaboration
Au-delà des présentations individuelles, l'EGU 2026 a offert une plateforme d'échange avec une vaste communauté de chercheurs travaillant sur les systèmes d'alerte précoce, les approches de modélisation et la communication des risques.
Pour Rafaella, la conférence a été l’occasion à la fois de présenter ses travaux et d’échanger avec d’autres personnes travaillant sur des thèmes similaires :
« L’EGU a été une expérience très enrichissante, qui m’a permis d’entrer en contact avec de nombreuses personnes travaillant sur des thèmes similaires et menant des recherches aussi pertinentes et percutantes. Voir autant de chercheurs consacrer autant d’efforts à leur travail est toujours inspirant et nous motive à faire mieux. »
- Rafaella Oliveira
Ces interactions soulignent le rôle de conférences telles que l’EGU dans la promotion des échanges entre chercheurs et la création d’opportunités de collaboration entre disciplines et régions.
Perspectives d’avenir
La participation à l’EGU 2026 a été l’occasion de partager les recherches en cours au sein de JCAR ATRACE et de les relier aux développements plus larges en matière de prévisions basées sur l’impact et de systèmes d’alerte précoce.
Les enseignements tirés de cette session et les échanges avec d’autres chercheurs continueront d’éclairer les travaux en cours au sein du programme, notamment en établissant des liens entre les prévisions, les impacts et les actions de manière à soutenir la préparation dans les bassins fluviaux transfrontaliers.