Nous avons rencontré Marc Lennartz, chercheur doctorant au Centre Helmholtz pour les sciences de la Terre (GFZ), qui mène ses recherches sur le thème « Comprendre et se préparer aux inondations à fort impact et faible probabilité » dans le cadre de notre programme. Au cours de cet entretien, nous avons discuté de la manière dont ses travaux visent à améliorer la préparation aux inondations extrêmes rares mais dévastatrices, de l'importance de développer des cadres de tests de résistance robustes, ainsi que des opportunités et des défis liés au travail sur des systèmes fluviaux transfrontaliers.
Pouvez-vous décrire brièvement le thème principal de votre recherche doctorale ?
Mes recherches portent sur la compréhension et la préparation aux inondations à fort impact et faible probabilité (HILP). Il s'agit d'inondations exceptionnellement rares qui peuvent mettre en évidence des vulnérabilités uniques dans notre système de gestion des catastrophes, comme l'ont démontré les inondations de juillet 2021 en Europe centrale. Le changement climatique peut amplifier ces événements, comme les inondations de juillet 2021 en Europe centrale. En raison de leur rareté et de l'effet déstabilisateur du changement climatique, les processus à l'origine des inondations HILP ne sont pas encore bien compris. Mon doctorat vise à combler cette lacune dans les connaissances.
Qu'est-ce qui vous a motivé à poursuivre un doctorat, et pourquoi dans ce domaine de recherche ?
Pour moi, le plus passionnant dans la recherche est d'aborder des problèmes sociétaux plus larges de manière globale et interdisciplinaire. La préparation aux inondations extrêmes exige également une collaboration entre divers domaines de recherche, ainsi qu'une interaction étroite avec les praticiens et les décideurs politiques. Ce domaine me permet d'étudier en profondeur de nombreux composants du système humain-eau tout en gardant une vue d'ensemble.
Votre recherche se concentre-t-elle sur une zone géographique spécifique ?
Bien que les méthodes que je développe devraient être largement applicables, la vulnérabilité aux inondations extrêmes varie considérablement d'une région à l'autre. Par conséquent, un élément clé de mon travail est le développement de tests de résistance aux inondations localisés. Dans le cadre du projet JCAR ATRACE, nous collaborons à un test de résistance régional dans le bassin versant de la Roer, qui servira d'étude de cas pour la préparation aux événements HILP.
Quels sont les objectifs spécifiques que vous visez avec vos recherches actuelles ?
Dans un premier temps, je vais passer en revue de manière systématique l'état actuel des connaissances en matière de tests de résistance aux inondations HILP. Cela inclut toutes les études qui simulent des inondations très extrêmes causées par des précipitations et évaluent les impacts sociétaux. Cet examen mettra en évidence les processus importants à l'origine des dommages qui font défaut dans les cadres actuels des tests de résistance. Sur cette base, je développerai des tests de résistance améliorés pour les inondations sans précédent et appliquerai ces méthodes à des études de cas régionales.
Comment votre travail s'inscrit-il dans le programme JCAR ATRACE et ses objectifs ?
Le programme JCAR ATRACE participe à plusieurs tests de résistance transfrontaliers, qui incluent des scénarios de précipitations extrêmes. Mes recherches visent à rendre ces études plus robustes sur le plan méthodologique et plus pertinentes pour les personnes vivant dans des zones inondables. En participant directement aux tests de résistance JCAR ATRACE, je suis dans une position idéale pour acquérir de nouvelles connaissances scientifiques et les mettre immédiatement en pratique. Cela contribuera à la mission du JCAR ATRACE, qui consiste à améliorer la préparation aux inondations.
Quelles opportunités et quels défis envisagez-vous dans le cadre de vos recherches dans un contexte transfrontalier ?
Travailler sur des inondations très rares signifie souvent devoir composer avec des données insuffisantes. Dans les bassins versants transfrontaliers, cela peut être exacerbé lorsque la collecte de données diffère d'une région à l'autre. Dans le même temps, les systèmes transfrontaliers se caractérisent souvent par une plus grande variété de mesures de prévention et d'adaptation. Cela offre une occasion précieuse de comparer l'efficacité de différentes stratégies, en particulier lors des inondations de juillet 2021.
Comment votre recherche s'inscrit-elle dans les partenariats entre les gouvernements régionaux et les institutions universitaires ?
La préparation aux inondations HILP, et aux inondations en général, est généralement un processus collaboratif entre les gouvernements et les institutions universitaires. En fournissant un guide clair sur les tests de résistance aux inondations très extrêmes, je vise à améliorer la communication entre les parties prenantes et à soutenir des analyses plus cohérentes et de meilleure qualité.
De quelle manière pensez-vous que vos recherches auront un impact sur l'élaboration des politiques ?
À l'heure actuelle, il existe peu de politiques qui se concentrent explicitement sur les inondations dépassant les niveaux de retour de 100 ans. Mon objectif est de fournir un aperçu clair et des lignes directrices pratiques pour intégrer ces événements sans précédent dans la planification et les politiques. Idéalement, cela contribuera à l'élaboration de nouvelles stratégies qui amélioreront la préparation à long terme aux inondations.
Compte tenu de la grande diversité des parties prenantes impliquées dans le projet JCAR ATRACE, quelles interactions attendez-vous avec impatience ?
Les effets des inondations de juillet 2021 ont souvent été exacerbés ou atténués par des conditions locales particulières. Souvent, ces caractéristiques n'apparaissent clairement que lorsque l'on discute avec des experts locaux. Je suis particulièrement impatient de travailler avec les autorités régionales chargées de la gestion de l'eau, qui ont une excellente compréhension de la manière dont les effets ont été ou auraient pu être atténués.
Selon vous, quel sera l'impact à long terme de vos recherches sur les stratégies climatiques régionales ?
Je souhaite rendre la préparation aux inondations HILP plus accessible en développant des tests de résistance transparents et faciles à reproduire. En exposant clairement les incertitudes et les risques, les acteurs régionaux pourront prendre des décisions plus éclairées à mesure que les phénomènes hydrologiques extrêmes évoluent sous l'effet du changement climatique.
Quelles avancées scientifiques ou technologiques espérez-vous réaliser au cours de votre doctorat ?
Idéalement, mes recherches faciliteront la détection des goulots d'étranglement, qui pourraient amplifier les impacts lors d'une inondation extrême. En montrant à quel point les impacts sont sensibles aux différents composants du système, les parties prenantes seront mieux à même d'identifier les mesures d'adaptation appropriées.
Quels sont les défis auxquels vous pensez être confronté à mesure que les conditions climatiques continuent de changer ? Et comment voyez-vous votre recherche s'adapter à ces défis en constante évolution ?
Le changement climatique modifie non seulement les événements extrêmes possibles, mais augmente également la probabilité d'inondations dévastatrices. Les incertitudes inhérentes à ce phénomène rendent difficile pour les communautés de se préparer de manière adéquate. En développant des cadres d'évaluation des risques robustes, ma recherche vise à aider les communautés à s'adapter plus efficacement malgré ces incertitudes.